Formation professionnelle : Le CPF encore trop peu utilisé

Publié le 06/03/2020

Selon une étude de la Dares publiée le 19 février, le recours au compte personnel de formation a bien progressé entre 2015 (date de mise en œuvre du dispositif) et 2018. 

Cette hausse s’est même accrue de 41 % entre 2017 et 2018, portant ainsi à 900 000 le nombre de formations suivies. La grande majorité des formations choisies préparent à des certifications en langues, en informatique ou dans le domaine des transports et de la manutention. La durée de formation, elle, est de plus en plus courte : 88 heures en moyenne en 2018 contre 117 heures en 2015 – les droits comptabilisés en euros du CPF suffisant au financement dans les deux tiers des cas.

Moins de 2 % des salariés concernés

Mais la mobilisation du CPF reste limitée : seuls 1,7 % des salariés y ont recours. Les inégalités d’accès à la formation en fonction des catégories socioprofessionnelles perdurent, selon l’étude : les cadres et les professions intellectuelles supérieures présentent un taux de recours de 2,7 %, contre 2,3 % pour les employés, 1,1 % pour les professions intermédiaires et 1 % pour les ouvriers. Plus de la moitié des salariés du privé ayant mobilisé leur CPF en 2018 sont des diplômés du supérieur. Les jeunes salariés utilisent moins leur CPF que les salariés entre 25 et 44 ans. Avec une nuance, toutefois : entre 2016 et 2018, le taux de moins de 25 ans ayant activé leur CPF est passé de 0,4 % à 0,9 %. « Cette évolution importante a sans doute été facilitée par l’ouverture de ces droits aux apprentis et à la portabilité accrue des heures de formation par rapport au DIF [droit individuel à la formation, dispositif antérieur], notamment en cas de licenciement ou de changement d’employeur », commente la Dares.

mneltchaninoff@cfdt.fr