Covid-19 : L’économie chancelle

Publié le 11/03/2020

Lors d’une conférence de presse le 9 mars, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a réaffirmé que le coronavirus aurait « un impact sévère », évoquant des baisses de chiffre d’affaires, en moyenne de 60 % chez les traiteurs, de 30 à 40 % dans l’hôtellerie, de 25 % chez les restaurateurs et des secteurs durablement fragilisés comme l’automobile ou l’aérien

Covid WebLes Bourses mondiales accusent déjà le coup. Certains économistes n’hésitent plus à comparer ce choc à la crise financière de 2008. La Banque de France s’est voulue rassurante mais a révisé à la baisse sa prévision de croissance de 0,3 à 0,1 % pour le premier trimestre. Face à cette crise dont nul ne peut prédire les conséquences dans les mois à venir, le gouvernement a annoncé des mesures pour soulager les entreprises (report des charges sociales, dégrèvement d’impôt, avance de trésorerie via la Banque publique d’investissement) et appelle l’Europe à une relance coordonnée afin que la crise sanitaire ne s’accompagne pas d’une récession économique qui aurait des conséquences à long terme. Rappelons que l’économie française a mis dix ans à se remettre de la crise de 2008.

L’assurance-chômage en question

Côté élus du personnel, les premières semaines de l’épidémie auront été consacrées aux mesures prises par chacune des entreprises pour protéger au mieux leurs salariés. Si l’économie se met réellement à caler, ils risquent de se retrouver confrontés à un autre défi : négocier des mesures afin de limiter la casse sociale. La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a indiqué en début de semaine que 900 entreprises avaient fait une demande de chômage partiel pour 15 000 salariés. Un nombre qui ne cesse d’augmenter… La CFDT soutiendra toutes les mesures qui faciliteront l’accès à ce dispositif ayant fait ses preuves en cas d’urgence. Et souligne le rôle que pourrait jouer la formation professionnelle, même si les marges de manœuvre sont étroites à court terme. Surtout, la CFDT demande au gouvernement de renoncer à l’entrée en vigueur des nouvelles règles d’assurance-chômage au 1er avril, qui pénalisent fortement les demandeurs d’emploi (lire l’édito). « En de telles circonstances, les emplois précaires sont la première variable d’ajustement, insiste le secrétaire national Philippe Portier. Le rôle d’amortisseur social de l’assurance-chômage doit être réaffirmé ! »

jcitron@cfdt.fr