[Dossier Organisation du travail] Peu de moyens, beaucoup de volonté

Publié le 27/06/2020

Dans l’urgence, les agents se sont adaptés à la situation pour rester au service du public avec les moyens du bord. Pas de recette miracle, mais beaucoup de bon sens et de générosité. Coup de projecteur sur deux situations exemplaires, parmi des milliers.

“Jeux de rôle” au conseil départemental

Une animatrice de centre culturel devient agent d’entretien dans un Ehpad, un cuisinier de collège met ses talents au service des personnes âgées, des agents de la voirie se mettent à distribuer des masques avec leur véhicule de service, des assistantes sociales assurent l’accueil dans les centres de santé…

Au conseil départemental de Saône-et-Loire, des agents ne pouvant exercer leurs fonctions habituelles ou en télétravail depuis le 16 mars se sont portés volontaires pour couvrir des besoins dans des services en tension. « Très vite, principalement dans le champ de la protection de l’enfance ou de l’aide aux personnes âgées et handicapées, nos partenaires se sont trouvés en difficulté, du fait de salariés absents ou surchargés de travail, explique André Accary, président du conseil départemental.

« En quelques heures, nos agents ont répondu présents ! Une bouffée d’oxygène pour nos missions ordinairement très cloisonnées », reconnaît-il. Dès les premiers jours du confinement, une « réserve d’agents » a été mise en place. Les volontaires devaient remplir un questionnaire et se positionner sur des missions qu’ils étaient prêts à assumer. Dans ce département de l’est de la France, fortement impacté par la crise sanitaire, ce sont ainsi 200 personnes (sur 2 200 agents territoriaux) qui ont prêté main-forte à la collectivité entre le 16 mars et le 11 mai dernier. Ce dispositif a été fortement relayé par la section CFDT, les adhérents ont immédiatement répondu présents : nous ne pouvons que les saluer, la solidarité est bien une valeur commune à la CFDT !

cnillus@cfdt.fr

 

Dans l’Yonne, un hôpital menacé reste mobilisé

Head 19 AuxerreLe centre hospitalier d’Auxerre est le plus grand du département avec 521 lits dont onze en réanimation. Planait la menace de fermeture de lits et de suppressions de postes depuis plusieurs mois, mais la crise a changé la donne.

« Au début, les annonces ministérielles se voulaient rassurantes. Nous ne serions pas impactés par la crise sanitaire », raconte Mohamed Ouazarf, cadre de santé au bloc opératoire. « Quelques jours plus tard, on a déclenché le plan blanc ! Ce plan était bien rodé pour une canicule ou un attentat, mais pas pour un tel afflux de patients ni pour une aussi longue durée ni dans ce contexte de contagion extrême… La première étape en cas de catastrophe sanitaire consiste à reporter les interventions et les hospitalisations programmées qui peuvent attendre. Ce que nous avons fait, bien sûr. Mais, ensuite, il a fallu tout remettre en question : créer des unités dédiées à la maladie Covid-19, des nouveaux parcours au sein de l’établissement, repenser les accès, adapter la prise en charge des personnes infectées avec de nouvelles instructions chaque jour, suivant l’état des connaissances sur le virus. »

La capacité de lits de réanimation a été doublée, impliquant de trouver du personnel et du matériel en un temps record… « Plusieurs agents se sont retrouvés dans une nouvelle unité, à apprendre de nouvelles procédures, dans un climat bien particulier puisque cette pandémie n’épargne personne, soignants ou patients pouvant se contaminer les uns les autres… », relève Sabine Tort, secrétaire de la section CFDT. « Le plan Covid-19 a mobilisé tout le monde : cuisiniers, brancardiers, personnel de nettoyage ou secrétaires médicales ont vécu différemment leurs missions et au plus près des soignants. Pour tous, les relations sont désormais changées. On va continuer à se battre pour sauver notre hôpital. »

cnillus@cfdt.fr

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