[Dossier Organisation du travail] “ Encourager l’initiative et la souplesse ”

Publié le 27/06/2020

Arnaud Barral est directeur général d'EOL groupe, société de quelque 300 collaborateurs, spécialisée dans la fabrication de mobilier de bureau.

Comment vous est venue l’idée de basculer votre production de mobilier de bureau vers celle d’écrans de protection en Plexiglas ?

L’idée est venue d’une collaboratrice qui nous a indiqué que le réseau du Crédit Agricole cherchait justement ces types de protections. Le 17 mars, nous avons perdu 90 % de nos commandes et mis 290 salariés sur 300 au chômage partiel. Autant dire un séisme.

J’ai immédiatement pensé que si on plantait la boîte, je n’étais pas sûr que mes salariés retrouveraient du boulot avant longtemps. Alors cela a été un réflexe de survie : nous avons rebondi sur cette idée.
En vingt-quatre heures, c’était décidé : nous étions capables de réaliser ces protections mais aussi d’imaginer des dérivés.

Notre organisation de production nous le permettait car nous réalisons toutes les étapes en France, du design à la fabrication. Je me suis donc rendu au bureau d’études et, avec une équipe extrêmement réduite, nous avons travaillé d’arrache-pied pour qu’en quarante-huit heures les premiers prototypes soient sur notre chaîne de production.

J’ai vu à quel point les personnes étaient ingénieuses, capables d’un engagement incroyable. Je suis très admiratif. En une semaine, nous avions sorti trois gammes de produits. Et nous avons également lancé une ligne de portes s’ouvrant avec les pieds, afin d’éviter de toucher les poignées de porte. Et ce n’est pas fini. Nous avons pris des risques mais nous avons eu la chance d’être bien suivis par nos clients et aussi par d’autres qui nous ont fait confiance. Cela a été déterminant.

Qu’est-ce que cette crise aura changé pour vous ? Dans votre manière de manager par exemple…

Cette crise nous a incités à modifier notre mode d’organisation pour être plus réactifs. Grâce à cette réactivité, à cette agilité, nous avons pu retrouver 30 % de notre activité. Cela a également permis à une vingtaine de salariés de retravailler. Je pense que cela va nous pousser à ouvrir une réflexion sur le management pour encourager encore davantage l’initiative et la souplesse dans les prises de décisions. Désormais, dans nos réunions, c’est : «Donnez vos idées, on y va», quel que soit le poste ou le niveau dans l’entreprise.

Propos recueillis par epirat@cfdt.fr

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