[Dossier Organisation du travail] Accor solidaire

Publié le 27/06/2020

La CFDT a appelé les grandes entreprises à ne pas verser de dividendes à leurs actionnaires cette année. Certaines ont pris cette décision, comme le groupe Accor, qui a été particulièrement réactif pendant la crise avec le concours des administrateurs salariés.

Cinq mille hôtels et 300 000 collaborateurs dans le monde travaillent sous enseigne Accor. Beaucoup d’hôtels sont fermés jusqu’à nouvel ordre et 220 000 salariés sont privés d’activité et commencent doucement à se déconfiner dans 90 pays. Passée l’étape de sidération qui a accompagné l’annonce du confinement et mis à l’arrêt le secteur de l’hôtellerie, les actionnaires ont fait le choix de limiter la casse sociale : le 2 avril, le conseil d’administration a validé la proposition de la CFDT, relayée par son administratrice salariée, Iliane Dumas, de renoncer au versement des dividendes pour l’année 2020.

« On aurait pu s’en tenir-là, explique-t-elle, mais les administrateurs ont également renoncé à 20 % de leurs jetons de présence et le PDG, Sébastien Bazin, à 25 % de sa rémunération fixe de 2020. Ces sommes viennent s’ajouter aux 75 millions d’euros non versés aux actionnaires afin d’alimenter un fonds de solidarité Covid-19. L’objectif est de permettre aux salariés qui ont perdu leur emploi dans des pays où le dispositif de chômage partiel n’existe pas de bénéficier d’une couverture sociale, médicale ou hospitalière. »

Ce fonds solidaire est également destiné à aider les familles, en complétant le salaire des travailleurs en situation d’activité partielle, et à soutenir les partenaires d’Accor en difficulté, petits franchisés ou startuppers impactés par le report des projets du groupe. Et, si la situation le permet, le PDG d’Accor a émis un autre souhait : celui d’offrir aux personnels soignants des vacances à prix avantageux. « On réfléchit encore à la façon dont nous allons pouvoir les remercier, souligne Iliane Dumas, mais le fonds est déjà bien sollicité tant la situation de certains pays est dramatique.»

Mise à disposition de chambres d’hôtel

Sollicité par l’AP-HP début mars, le groupe a également mis des chambres à disposition de quelque 25 000 soignants afin qu’ils puissent se loger à proximité des hôpitaux ou se confiner pour protéger leurs familles. Puis le dispositif a été élargi aux sans-abri, aux femmes victimes de violences conjugales et aux convalescents de Covid-19 : les propriétaires des hôtels franchisés du groupe ont répondu présents et décidé de participer à cet élan de solidarité. Ces hébergements d’urgence ne leur rapportent pas d’argent, ils sont facturés « à prix coûtant » et seuls les frais fixes (électricité, ménage) seront donc compensés.

cnillus@cfdt.fr

©Teresa Suarez / RÉA

 

Dons de congés à la Matmut et chez Renault Trucks

Le 9 avril 2020, trois organisations syndicales (CFDT, CFTC et CFE-CGC) de la Matmut ont signé un accord relatif aux « congés solidaires pendant la crise sanitaire ». Le texte instaure un système de don de congés solidaires fondé sur le volontariat, au profit d’associations. Les salariés pouvaient poser jusqu’à six jours de repos entre mars et mai, chaque jour pris donnant lieu à un don de 12 euros à des fondations d’intérêt général ou d’utilité publique. Ou bien ils pouvaient faire don de ces six jours, la somme équivalente au salaire qui aurait été payé allant à la Fondation de France, la Fondation Abbé Pierre ou la Fondation des Femmes.

Chez Renault trucks, un « accord d’accompagnement de l’activité partielle dans le cadre de la crise du covid-19 » a été signe le 14 avril 2020 par les organisations syndicales CFDT, CFE-CGC, CGT, FO et Sud dans lequel les cadres s’engagent a donner des jours de conge pour compléter la rémunération des ouvriers, employés et techniciens impactes par une baisse de revenus due au chômage partiel.